Le sujet me semble plus complexe et attaquer l’«IA» seulement est réducteur (déjà ça serait IA générative) ; l’extractivisme, les problèmes d’énergie, les effets rebonds ne sont pas nouveaux, loin de là ; cela reste dans la continuité aussi des évolutions matérielles des microprocesseurs et mémoires, des connexions aux datacenters ; tu trouveras peu de monde souhaitant faire des copier-coller au stylo plume, ne pas regarder de vidéos youtube ou je ne sais quoi qui touche au numérique et au matériel du numérique ; une partie de l’IA sert à faire du junk-web effectivement (et une bonne partie du web est devenu écrit par des IA déjà), mais une autre partie répond à des questions de façon plus rapide et pertinente que n’importe quel moteur de recherche, l’analyse que ces outils font du code source est totalement plus efficace que les humain·es là dessus : ils remontent plein de véritables failles de sécurité dans SPIP et dans tous les autres logiciels, la vulnapocalypse n’échappe à personne ; ces mêmes agents IA peuvent coder largement correctement aussi, beaucoup trop facilement ; et c’est bien pour ces raisons que l’usage se développe de façon déraisonnable : c’est terriblement efficace. Et l’usage est très visible dans tous les domaines : les gens font maintenant essentiellement leur recherche sur GPT ou autres agents similaires… c’est pas uniquement parce que tous les gens sont ignorant·es, c’est aussi parce que ça répond à un besoin que ne faisaient plus les moteurs de recherche (fournir un lien crédible qui ne t’amène pas sur 10 sites pleins de pubs notamment).
Maintenant si tu dis « SPIP doit se passer d’IA » (j’interprète peut être ?) soit, je te propose d’entrer dans la team sécurité et d’aller corriger tous les bugs que ces trucs nous signalent depuis juillet : Cédric le fait quasiment exclusivement sans agent, moi je n’ai plus cette force. Je te propose d’aller maintenir SPIP Core et de faire les releases, et de maintenir l’ensemble des outils qu’on utilise pour SPIP et son versionning. Peut être que Cédric y arrive quand il a la motivation pour regarder… moi pas.
Alors j’utilise des agents IA pour le code (certaines PR pour SPIP 5 notamment le furent), pour des analyses, etc. Si effectivement c’est un problème, je n’aurais aucun problème à arrêter ma participation au logiciel, aux releases, et ici.
Ma foi, je suis las de ces remarques constantes ces dernières années bloquant l’évolution du code SPIP vers des solutions techniques plus pérennes (utiliser correctement Composer notamment, comme les outils de QA, les CI, et tout… ) en fustigeant ces solutions déclarées technophiles ; le résultat est que le code de SPIP reste dans son… historique, qu’on lui mets des pansements et bandages supplémentaires pour corriger ses trous… Et que c’est loin de s’arrêter…
Ces agents permettent pourtant maintenant aussi de concevoir et réaliser des transformations plus profondes, (et en ajoutant des tests systématiques), en ayant une visibilité sur un grand volume de code que tu n’aurais pas assez de temps pour analyser toi-même, ni écrire, même avec beaucoup de volonté : c’est pour cela notamment qu’à un moment j’ai eu de l’espoir pour SPIP 5, en ayant l’impression d’avancer enfin un petit peu dans une direction satisfaisante… C’est comme si cela décuplait tes possibilités, en permettant du coup d’aller plus loin. Bon, le résultat concret c’est que tout s’est arrêté en cours de route en fin juillet surtout parce qu’il faut bichonner cette 4.4…
Et je sais que c’est un vaste problème écologique et économique et de pillage de connaissance ; la question d’où mettre le curseur de probité n’est jamais si évidente.
S’il y avait 100 personnes actives pour le code, les bugs, l’évolution du core SPIP, peut être que la question des agents ne se poserait pas de la même façon non plus.
Bref, c’était un peu pour nuancer…
Tout de même plus concrètement il existe une tentative de notation DALIA pour matérialiser un peu la proportion d’IA générative utilisée (j’imagine qu’il doit y en a d’autres, j’étais juste tombé dessus par hasard)