J’embraye.
Je ne suis pas opposé à l’usage de l’IA générative dans SPIP.
Je suis plutôt de la vieille école, et je me considère comme un D0 (Manuel (sans IA) 100% humain. L’IA n’est pas du tout utilisée quand je fais ou écrit quelque chose. Le processus créatif est réalisé entièrement avec mon jus de cerveau et manuellement, je tape moi-même mon code, mes messages.) Mais je n’ai rien contre une collaboration allant jusqu’à D3 ( Création guidée Travail d’équipe humain & IA. L’humain et l’IA agissent comme des partenaires créatifs.) pour SPIP.
De fait, tout ce que je produis seul est plus lent à aboutir. Ce faisant, j’apprends toujours. J’avance et propose des ensembles de code qui apportent leur lot de robustesse, de maintenabilité, de performance, de sécurité, bref : de qualité.
Mon apport dans une expérience collaborative avec IA se résume à veiller à ce que le résultat généré soit du même acabit et que les participants humains aient accumulé du savoir et du savoir-faire, reproductible ailleurs.
Une IA générative, de ce que j’en perçois, ne fait pas ça. Elle n’augmente pas l’expérience et le savoir des humains qui s’en servent. À ce titre, l’idée de dire que ça remplace la compétence et l’expérience personnelle est une ineptie. Et ça, du coup, je ne le conseille pas.
Je n’interdirai à personne d’utiliser de l’IA générative, de quelque manière que ce soit. Que chacun, en adulte informé et responsable, assume ses choix. De manière loyale, transparente, honnête. Et la communauté SPIP n’a, à mon sens, pas à juger, intimider, et interdire quoique ce soit. Au mieux, celle-ci peut faire le choix de ne pas participer au produit de cet usage, voire, pourquoi pas, de ne pas, non plus, utiliser le produit de cet usage.
Se contenter d’une réponse, de la pousser et d’espérer que d’autres humains accepterons de prendre de leur temps personnel pour corriger, améliorer ce qu’un humain n’a pas produit, je trouve que ce n’est pas une bonne attitude. Se servir d’un collectif d’humains de la même manière n’est d’ailleurs pas, non plus, une bonne attitude …
« Le Web indépendant propose une vision respectueuse des individus et de leurs libertés » disait le manifeste, à l’époque.
Les membres de la communauté SPIP ont leur libre arbitre, et peuvent faire ce qu’ils veulent. La limite, c’est de ne pas déléguer la complexité aux autres, mais d’y contribuer. En apprenant. Pas en se comportant comme le client-roi d’un service qui lui est du. Pas en adoptant une attitude autoritaire et agressive, non plus.
Et là, on touche finalement à une cause initiale qui dépasse l’IA générative.
Avant d’apprendre à utiliser une IA générative, je pense qu’il faut apprendre et entretenir son savoir. Et c’est là ou SPIP « faute » à mon avis. Avant l’arrivé des outils IA, la tendance était déjà là : « Je ne sais rien et je n’apprends pas. Et je n’apprendrai plus ». Le problème est sans doute plutôt de ce coté.