Sans verser dans le troll, je pense que cette position n’est juste pas tenable.
Quelle position ? (pour être sûr de te comprendre)
Le monde doit changer, le comportement des hommes doit changer, et le fait qu’il faille s’habituer à une forme d’écriture qui nous plait pas trop est un infime détail dans tout ce qui doit changer.
Donc si on commence à argumenter et pinailler là dessus c’est une façon très claire de dire haut et fort « vous devrez vous battre sur chaque pouillème de place que vous voulez avoir dans cette société, on ne lâchera rien sans verser de sang ».
Aka, si on voulait faire autrement, on (en tant que hommes faisant partie d’une société dominée par les hommes) a eu des siècles pour ça, et on a rien fait de significatif.
Donc maintenant on a juste à se taire, écouter et faire de la place, en commençant donc par cesser d’invisibiliser la moitié de la société, en particulier lorsqu’elle nous le demande.
Et donc quand quelqu’une nous demande de changer de mode d’expression parce qu’elle se sent blessée et ignorée par la façon dont on s’exprime, répondre qu’on a pas trop envie parce que ça nous plait pas trop est une forme de violence en cela que c’est la négation même de son ressenti.
Je suis complètement pour l'écriture inclusive, et je ne cherche pas du tout à pinailler ou grincher et à dire que le point médian ne me plait pas.
Bien au contraire, c'est très (trop) facile à utiliser et relativement facile à lire avec l'habitude.
Mais comme le dit très bien la conclusion de l'article du Lutin du web (qui est une femme) :
Finalement, nous avons donc :
- un besoin qui est d’inclure les femmes et personnes non-binaires dans nos discours et, notamment ici, dans nos écrits ;
- et un problème pour certaines personnes handicapées qui est posé par une des techniques répondant à ce besoin d’écriture inclusive.
et le commentaire de Nicolas Hofmann, expert en accessibilité et franchement pas masculiniste :
Si cette écriture dite inclusive est autant exclusive, c’est quand même un comble ^^
J’y vois une analogie avec le web : il est accessible de base, à nous de ne pas le rendre inaccessible. L’écriture peut être inclusive de base.
Ça me rappelle complètement le web, où l'accessibilité est toujours le parent pauvre (on verra à la fin s'il reste du budget).
Alors oui, la techno (lecteurs d'écran) va évoluer (ils supportent maintenant javascript par exemple), et peut être même l'Académie française (huhu), mais à l'heure actuelle, si on veut vraiment inclure tout le monde, il faut faire un vrai effort et ne pas se contenter des mettre des point médians partout, ça doit vraiment être le dernier recours, voir avec des limites (par exemple uniquement pour les ·e).
En se donnant un peu de mal, on a quand même la possibilité d'utiliser des formules inclusives, la langue française est riche.
Pour revenir à l'article du Lutin et sa façon d'écrire :
https://www.lelutinduweb.fr/ecriture-inclusive-accessibilite-solutions/#regles-perso
Donc si le sujet doit entrer dans une charte (j'y suis favorable), ça demande plus qu'une phrase impérative ou simpliste, il faut contextualiser et bien présenter les problèmes.