Pourquoi le Spip MAG ?

Bonjour,

Pour info et en vue de rassembler témoignages et retour d'expériences,

J'ai mis en ligne sur les sites suivants un forum correspondant.
  tourisme-durable.net - developpement-durable.net - developpement-local.com - inforoutes.net - rh21.com - echosvelo.net - geolibre.net - horizon21.net .

Je vais en informer les diverses listes de discussion publique associées.

Pour les sites animés avec des partenaires institutionnels, je vais leur soumettre l'idée : hyrondelle.net - roanne7.net - rn19.net - reseau-patrimoine.net - pierreapoissons.net

En espérant avoir fait le bon choix de l'identifiant actuel de Spip.

Amitiés et bons vents à Spip.

Jacques Chatignoux
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ARNO* a écrit :

Salut,

Il ne faut pas mélanger les deux choses (et il me semble que les initiateurs de SPIP mag ne le font pas):

(A) la documentation et l'échange d'informations _techniques_ autour de SPIP;

     - l'outil de référence reste spip.net: l'aspect en est forcément contraint et rigide, puisque spip.net doit répondre à quelques impératifs incontournables:
          * d'abord c'est la doc de référence, donc aucune erreur, aucune approximation,
          * elle doit être claire et (relativement) simple d'accès, donc pas de «bidouilles»,
          * tout doit être vérifié/validé par l'équipe des développeurs (puisqu'elle est liée au noyau de SPIP);

     - ne pas perdre de vue qu'une partie de l'échange de documentation et d'informations techniques peut être publié, de manière plus souple, sur spip-contrib; c'est une structure qui notamment beaucoup plus adaptée pour la publication de «trucs et astuces»; sachant qu'il y a tout de même là un travail éditorial collectif qui permet d'assurer un minimum de cohérence et de qualité;

     - l'autre élément important d'information, c'est la liste spip@rezo.net; les utilisateurs confirmés qui veulent transmettre leurs connaissances ont vraiment là un outil très pratique pour aider la communauté des utilisateurs, et cela dans une forme extrêmement libre, moins contraignantes et plus souple.

(B) l'échange d'expérience; ça, c'est vraiment quelque chose qui est très difficile à obtenir. Cela se fait presque uniquement par le bouche à oreille pour l'instant. D'où l'idée du spip-mag.

Deux aspects:

     - pour les développeurs, un indispensable retour d'expérience sur l'utilisation de l'outil au quotidien, par des utilisateurs extrêmement différents; pour l'heure, ce retour d'expérience se fait de manière très limitée, et c'est particulièrement frustrant. En gros, ceux qui «communiquent» sur leur expérience sont les webmestres, alors que, dès qu'un site est réalisé à plusieurs, ceux qui font réellement l'expérience de l'usage du SPIP, ce sont les rédacteurs et les admins. Par exemple, on sait que des classes de bambins montent des sites sous SPIP. Or on ne sait, en pratique, jamais _comment_ les bambins utilisent l'outil, et à quelles difficultés ils sont confrontés. Par ailleurs, le retour d'expérience quand il existe, se fait presque uniquement par l'exposé des difficultés rencontrées; c'est déjà un élément important pour faire évoluer le produit; mais en revanche on ne sait presque jamais _ce qui fonctionne bien_, ce qui séduit, ce qui aide, ce qui est utilisé pour travailler plus facilement et plus vite, quels éléments de l'interface font que les gens s'y mettent vite et bien, etc.; or, savoir «ce qui marche» dans SPIP, c'est aussi un élément intéressant pour faire évoluer le produit;

     - entre webmestres, il y a l'échange d'expérience au niveau de la vie de la communauté autour du site; or c'est l'un des points les plus intéressants quand on utilise un CMS. Comment l'outil s'intègre dans une communauté pré-existante (par exemple le site d'une association), ou comment l'outil façonne une communauté de rédacteurs. Comment se gèrent le travail éditorial collectif. Problèmes de travail éditorial, questions de hiérarchie, etc. Comment l'outil s'intègre (ou non) dans un ensemble d'habitudes et d'outils (SPIP est destiné à publier l'information, mais beaucoup d'autres aspects d'organisation et d'échange d'information n'y sont absolument pas intégrés). Tous ces éléments, ni les développeurs de l'outil n'en ont de réel retour, et les webmestres ont encore moins accès à ce type d'information.

Bref, en l'absence de réel retour et partage d'expérience:
- les développeurs de SPIP travaillent pour une large part en fonction d'une utilisation _théorique_ de leur outil,
- les webmestres montent des sites et organisent leur communautés, eux aussi, sur une utilisation _théorique_ de l'outil.

Sachant de plus que de tels outils, par les interfaces, les outils et les structures qu'ils imposent, non seulement «normalisent» ce qui est publié, mais aussi «normalisent» les communautés qui les utilisent. Quand on participe à des sites réalisés sous forme de forums à la phpBB, ou avec des CMS comme Nuke ou SPIP, ou encore un wiki, on constate déjà à chaque fois que, non seulement le contenu publié est de nature relativement différente, mais surtout que le rapport à la communauté des utilisateurs de ces sites est lui-même extrêmement différent.

Donc, les témoignages quant à l'expérience d'utilisation, c'est un point passionnant. Ce qui me semble justifier réellement un lieu d'échange comme le spip-mag.

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Je sais, également, qu'obtenir de tels témoignages est extrêmement difficile. Notamment en tant que développeur, et par le fait que les interlocuteurs sont généralement les webmestres chargés de l'installation technique de l'outil. Attendre qu'un webmestre témoigne de lui-même, et de manière constructive, de l'expérience d'utilisation, est assez illusoire.

     - d'abord parce que ça ne vient vraiment pas «tout seul»; il y a une sorte de confusion entre l'esprit du libre, la liberté d'expression, et le fait de témoigner de son usage; comme si ce témoignage était à la fois inutile et dangereux; or c'est tout le contraire, à mon avis: l'intérêt est la pratique _accompagnée_ d'un discours personnel sur cette pratique;

     - ensuite (et là c'est vraiment très pénible) parce que ce témoignage prend systématique un biais technique; les webmestres vont assez facilement vous parler de patchs, de logiciels installés, de bidouilles techniques, de modifications de squelettes, de développement de filtres, etc.; mais presque jamais d'usage «humain» de l'outil.

D'où, encore une fois, l'intérêt d'un spip-mag initiant ce genre de témoignages, parce que:
- il faut montrer ce que peut être un véritable témoignage d'usager,
- s'il faut «accoucher» les premiers témoignages aux forceps, les suivants viennent beaucoup plus facilement.

Bref, c'est un travail à la fois difficile, qu'il faut bien encadrer («accoucher la parole», comme disent les sociologues de la télévision) au début, en espérant lancer des témoignages de plus en plus constructifs.

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L'idée du spip-mag n'est pas sans lien avec la grande réunion aux Métallos de l'année dernière, où la principale rencontre a été entièrement constituée de témoignages d'usagers de SPIP. Et certains se sont révélés assez étonnants et, pour les développeurs, particulièrement instructifs.

L'impact de ces témoignages sur le développement de SPIP est réellement important. Par exemple, il y a quelques années, Samizdat a expliqué qu'ils avaient dû modifier l'interface de SPIP, en l'allégeant en mode texte, pour pouvoir «couvrir» les événements de Gênes; ils avaient aussi témoigné des avantages qu'avait apporté SPIP. Cela avait débouché sur la création de l'interface en mode texte de SPIP. Récemment, on a eu d'autres témoignages sur la façon d'envoyer des mails, sur les difficultés rencontrées par des rédacteurs quasiment illettrés, et/ou en situation d'exclusion. Ou encore ce qu'apportait politiquement la prise de parole par des ouvriers dans une usine en pleine lutte sociale, ce qu'apporte un CMS comme SPIP à une école, etc.

Toutes choses fort passionnantes, ma foi, et «qui ne s'inventent pas». A l'opposé des livres de sociologues qui décrivent l'internet mais ne savent pas envoyer un email, des campagnes de pub des marchands qui tentent de façonner les usages, ces témoignages d'utilisateurs sont particulièrement intéressants (pour eux-mêmes, ils permettent déjà de voir ce qu'est l'internet en réalité, portrait bien opposé aux idées reçues et aux publicités des marchands), et enrichissants pour la communauté (parce que peut d'endroit expliquent comment s'organise et vit une communauté de rédacteurs, quelles sont les erreurs qui sont commises, et quels sont les moyens qui permettent de faciliter le travail collectif).

Amicalement,
ARNO*