Des équipes pour SPIP

Voici mon avis pour apporter mon grain de sel. C’est un peu long (désolé).

À prendre, à laisser, sans doute plus pertinent parfois que d’autres. Et des propositions de contributions pour finir. J’aimerai préfère que l’on me donne un avis sur les « propositions concrètes », histoire de pas me lancer sur un truc pas forcément utile ou que je perçois mal.

Approche

Je souhaite apporter une approche un peu DLA (accompagnement de structures dans le développement de leurs projets) car c’est ce que je connais, étant formé à l’étranger à l’ingénierie de gestion. En espérant que cela apporte un point de vue un peu neuf et utile, car je veux apporter ma pierre à ce projet que je côtoie de longue date (15 ans environ) et que je trouve tout simplement génial, utile, efficace et humain. J’ai un peu collaboré et de manière sporadique sur ce temps long.

Perception
Ma perception personnelle (je peux me tromper) est que SPIP est composé très essentiellement d’une communauté d’informaticiens à « tendance militante » (humanistes, égalitaristes…). Le noyau dur est restreint, se donne beaucoup et depuis longtemps. La structuration a longtemps été organique, mais montre ses limites. Il y a une volonté de fonctionner plus « efficacement », tout en restant démocratique et ouvert.

Dans de nombreux projets, les problématiques de fatigue sur le long terme et de divergences sur les procédures sont assez classiques. Le noyau dur plus impliqué prend plus de décisions, car de facto plus impliqué, ce qui peut être considéré comme un manque démocratique. Cependant, un besoin d’avancer, de trancher sur les actions à entreprendre peut-être ressenti par ce noyau dur, qui a l’impression que tout le monde aurait pu s’impliquer s’il le souhaitait. Spéculativement, cette dernière partie assez classique est peut être aussi d’actualité ici ?

Dans les DLA ou en gestion, c’est souvent les moments où « un regard externe » permet de reprendre un second souffle en renforçant l’existant et le structurant pour avoir plus d’attractivité avant de se déployer avec plus de forces vives en nombre et en diversité.

Philosophie

Tout d’abord, je sais qu’il y a une vraie philosophie et une vraie histoire à SPIP. J’aimerais bien mieux la connaître. Il y a certes des bribes sur le net,mais quid des valeurs, du sens ? Ni sur le site de SPIP, ni sur SPIP-contrib cela est présent (ou bien caché alors :wink: ).

Si l’aspect technique est souvent mis en avant, il y a avant tout des valeurs qui me semblent encore être portées actuellement. Connaître les valeurs, connaître l’histoire (racontée avec un minimum de technique possible ou compréhensible au plus grand nombre) me semble important pour « résonner avec sa communauté ». Une forme de mise en écriture du logos, ethos et pathos qui a surgi au bon kairos (Notions de rhétorique grecque), ça parle souvent aux personnes de mêmes valeurs et peut agréger autour du projet.

En plus pour la communauté de savoir où elle met les pieds, cela définit aussi souvent une clarté dans les objectifs définis par les valeurs. La technique n’étant que le moyen (certes utile et central) d’y arriver. À la manière d’un manifeste ou de l’objet d’une association, un texte court (quelques paragraphes résumant la principale de la raison d’être) permet de cerner cela (quitte à avoir des liens vers plus de renseignement comme le « Manifeste du Web indépendant » du minirézo).

Méthode d’interactions

Les valeurs semblent aller vers des méthodes de types ouvertes (sociocratie, holacratie, gouvernance partagée, démocratie participative / active / décisionnaire…). Pas de « domination », ni de « hiérarchie » mais une facilitation possible des procédés et une approche inclusive pour de nouvelles personnes semble être souhaitée. Cela amène des questions d’approches, quelles qu’en soient les désignations, car c’est la définition du fonctionnement qui fait la réalité des interactions.

Sur des principes d’autogestion en holacratie, j’aurais tendance à penser que certain des éléments ci-dessous pourraient convenir. J’entends évidemment que tout ne parle pas et que d’autres visions soient possibles. Cependant, définir clairement les règles du jeu permet à toutes et tous de jouer avec les mêmes règles.

Chaque « cercle » (pour ne pas donner un autre nom) a un périmètre et des objectifs (on donne un pouvoir d’agir, mais aussi cadrer les pouvoir). Cela implique de se caler sur les objectifs globaux du projet (moyens définit par la philosophie et les valeurs), quitte à avoir un cercle dédié à cela (avec les référents de chaque cercle par exemple).

Des référents dans chaque cercle sont généralement définis et limités. Souvent au nombre de deux, pour pallier les départs / tuilage / sollicitations…
Le terme de « référer » fait alors appel à l’information, au fait de faire communiquer les cercles entre eux et au global.
Les référents informent alors les participants du cercle des échanges globaux et remontent les idées / demandes du cercle au global. Ils assurent ainsi une perméabilité. On évite aussi le surplus informatif en n’incluant que les personnes qui le souhaitent sur les sujets voulus.

Pour ne pas être en vase clos et devenir le seul expert qui puisse gérer (ce qui crée des dépendances humaines et techniques), il est utile :

  • d’’être transparent (communiquer sur ce que l’on fait),
  • d’impliquer les membres (communication en ayant identifié les ressources / compétences internes pour ne pas avoir de trop-plein d’informations),
  • d’accueillir les nouveaux, prévoir les départ et gagner en compétences (documentation existante, même si imparfaite),
  • de rendre visibilise (comment on incite le public à participer en informant aux endroit les plu propices à cela),
  • de savoir comment participer (procédé) de manière efficace et simple (pour les non techniciens aussi),
  • de savoir qui peut s’impliquer (identifier et aller vers, y comporis d’autres projets libres ou aux valeurs proches),
  • d’avoir des interactions avec les usagers (questionnaires, consultations des attentes…),
  • d’impliquer les usagers (connaissances techniques potentiellement limitées, comment automatiser et faire au plus simple)…

C’est une vision assez proche de l’holacratie. Ça demande d’écrire les rôles et procédés. Chaque personne qui a un rôle a alors le droit de le déléguer.

Ça a peut-être l’air un peu théorique comme ça, mais ça se décline bien en pratique. L’aspect théorique permet surtout de voir si la vision semble coller en amont.

Propositions concrètes

J’ai un peu de temps (en arrêt maladie, ça doit se voir;) ) et je vous propose de faire quelques trucs concrets, en lien avec la vision d’ensemble exprimée ci-dessus.

  • Compiler des éléments sur le net pour synthétiser la philosophie et l’histoire du projet SPIP.
  • Faire un tuto vidéo sur l’utilisation du GIT (j’ai un peu galéré au début avec les diverses conventions).
  • Refaire le tuto vidéo de trad.spip, c’était le moi du passé qui a fait cette vidéo plus trop à jour.
  • Faire un tuto d’install (jusqu’aux plugins et squelette, mais pas le côté admin qui a mon avis se comprend bien avec les messages une fois installé).
  • Écrire un modèle de « guide de bienvenue » pour les cercles en mode holacratie. Cela permet de savoir ce qu’on y fait, où se trouve la doc, les procédés attendus…
  • Une proposition concernant la contribution au graphisme et squelettes.

Merci d’avoir lu tout ça.

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